Picasso – La Carte du Tendre

Article publié le 16/02/20 par Gilles Schlesser :  https://gilles-schlesser.net/2020/02/16/la-carte-du-tendre-de-picasso-2/  et reproduit ici partiellement .

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Installation en 1916 du peintre à Montrouge, dans cette maison carrée où il recevait ses diverses maitresses rencontrées à la Rotonde, dont la belle Irène Lagut. En février 1917, séjournant à Rome pour exécuter le rideau de scène de Parade, Picasso tombe amoureux de la jeune ballerine Olga Khokhlova, fille d’un colonel russe. Diaghilev, l’animateur des Ballets, le prévient amicalement : « Fais gaffe, Pablo, une Russe, on l’épouse. » Pablo ne fait pas gaffe et épouse la belle en juillet 1918. Mauvaise pioche ?

olga2    12, rue Daru, à l’église russe

Le mariage est célébré à la mairie du VII, puis, religieusement, à l’église russe de la rue Daru. Cocteau, l’un des témoins de la mariée, relate l’événement : « Je tenais une couronne d’or sur la tête d’Olga et nous avions tous l’air de jouer Boris Godounov. Cérémonie très belle, un vrai mariage avec des rites et des chants mystérieux ». A ces rites orthodoxes s’ajoute une superstition, connue de Max Jacob : après le rituel consistant à faire trois fois le tour de l’autel, on guette celui des deux qui posera le premier le pied sur le tapis, gage de domination dans le mariage. C’est Olga qui pose la première son mince et joli soulier sur le tapis doré. Aie aie aie.

atelier-de-picasso-rue-de-la-boetie  23, rue de la Boétie

Après le mariage et la lune de miel, Picasso s’installe rue La Boétie, à quelques mètres de son galeriste Rosenberg. Très vite, devant le désordre inhérent au caractère et au travail de son mari, Olga lui demande de louer l’appartement situé au-dessus. Qu’il fasse ce qu’il veut au quatrième, elle se réserve le troisième pour recevoir en hôtesse raffinée. Commence la « période duchesse », comme la qualifie Max Jacob. Le 4 février 1921 naît son premier fils, Paul, mais, au fil des années, la lassitude s’installe.

Picasso ne supporte plus sa femme, ne supporte plus la vie qu’elle lui impose. A partir de 1926, la belle Olga va en faire les frais sur les toiles du peintre, dans des portraits monstrueux comme Grand nu au fauteuil rouge. Début 1935, apprenant la liaison de son mari avec Marie-Thérèse Walter, Olga quittera la rue La Boétie pour s’installer à l’hôtel California, 16 rue de Berri, puis au château de Boisgeloup, puis, enfin, dans le sud de la France.

walter4     walter2   40, boulevard Haussmann, le génie et l’ingénue

Bon. Pour Pablo, retour à la case départ, il se met en chasse. Une jeunesse, de préférence. La première rencontre entre Picasso et Marie-Thérèse Walter a lieu le 8 janvier 1927 à la sortie du métro Chaussée d’Antin. Que fait-il devant les Galeries Lafayette, à pied, alors que Marcel Boudin, son chauffeur en livrée, l’accompagne généralement dans tous ses déplacements en Hispano-Suiza ? Mystère.

Marie-Thérèse, dix-sept ans, est accompagnée par sa sœur, et Picasso, quarante-six ans, les suit jusqu’à la gare Saint-Lazare, faisant un trou dans son journal pour les observer sans être vu. La sœur aînée s’étant éclipsée, Picasso aborde la jeune fille et  se lance : « Mademoiselle, je vous attendrai ici tous les jours à six heures de l’après-midi. Je dois vous revoir. » Affaire conclue. En juillet, elle devient sa maîtresse, à l’insu d’Olga. Puis, trois ans après leur rencontre, ne pouvant se passer de sa présence, Picasso l’installe discrètement au 44 rue La Boétie, à une dizaine de mètres de chez lui. De leur liaison naît Maya, en 1935.

dora  Rencontre de Dora aux Deux Magots

Marie-Thérèse a succédé à Olga, Dora va succéder à Marie-Thérèse, trop effacée au goût du peintre. En compagnie d’Eluard, en 1936, Picasso observe sa voisine aux Deux Magots : elle a sorti de son sac un petit canif pointu, s’amuse à piquer la table entre les doigts de sa main gantée de dentelles. Trop vite : elle se blesse, le sang coule. Le peintre demande alors à Eluard de la lui présenter. Il s’adresse à elle en français, elle lui répond en espagnol. Olé, c’est parti.

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Elle est belle, cultivée, intelligente, photographe reconnue, proche des surréalistes, engagée politiquement à l’ultra gauche. Tous les ingrédients pour séduire Picasso, malgré son affection intacte pour Marie-Thérèse Walter.

Lorsqu’ils quittent le café, sur le trottoir, Picasso lui demande de lui offrir ses gants en souvenir de leur rencontre. Quelques semaines plus tard, le peintre la convie chez lui, dans le fameux grenier des Grands-Augustins. Débute une histoire d’amour intense et mouvementée qui durera huit ans. La belle brune sera sa compagne officielle, Marie-Thérèse, la blonde, restera dans l’ombre.

Portrait de Dora Maar, 1937 .

Picasso-Portrait of Dora Maar, 1937

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Bonne lecture .

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